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Institut des métiers de la ville

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recommandation de lecture: Architectures et villes de l’Asie contemporaine

- Héritages et projets

Textes réunis par Nathalie Lancret et Corinne Tiry-Ono, paru en août 2015.

Deux contributions de cet ouvrage traitent de sujets vietnamiens. 

Caroline Herbelin « Les architectes vietnamiens diplômés de l’Ecole des Beaux-Arts de l’Indochine » .

« En 1996, les architecte Nguyen Cao Luyen (1907-1987), Hoang Nhu Tiep (1910-1982) et Huynh Tan Phat (1913-1989) recevaient de manière posthume le prix Hô Chi Minh. L’attribution de ce prix, le plus prestigieux décerné au Vietnam dans le domaine scientifique et culturel, témoigne de la reconnaissance dont bénéficient ces trois architectes formés à l’Ecole des beaux-arts de l’Indochine (EBAI). (…) C’est l’ensemble des architectes diplômés de cette école (une soixantaine entre 1926 et 1945) qui sont désormais considérés comme fondateurs de l’architecture vietnamienne moderne.

Pourtant, les difficultés furent nombreuses et le chemin vers cette reconnaissance loin d’être évident. A commencer par les réactions hostiles auxquelles s’est heurtée la section architecture de l’EBAI dès sa création en 1926, deux ans après la fondation de l’école elle-même. Le projet annoncé par l’école de former de véritables artiste « indigènes » était d’ores et déjà incongru en contexte colonial, d’autant plus qu’il s’agissait d’architectes. Beaucoup de colons se méfiaient de ces jeunes diplômés appelés à laisser leur marque dans le paysage des grandes villes coloniales, dont l’urbanisme faisait – à tort ou à raison – la fierté des colonisateurs.

(…)

Cet article s’attache à retracer le parcours atypique de la première génération d’architectes vietnamiens, depuis leur formation à l’EBAI. »

Emmanuel Cerise « Les villages dans la fabrication urbaine de Hanoi à travers l’étude des documents cartographiques ».

 « Dans les société asiatiques agraires, les villages structurent spatialement le territoire et socialement les groupes humains. Alors que les villes ont un rôle administratif et politique important, les villages sont le lieu d’une gouvernance locale qui ne s’aligne pas toujours sur le modèle véhiculé par les autorités centrales urbaines. Avec l’urbanisation massive de la seconde moitié du XXe siècle, les villes d’Asie du Sud-Est ont tendance à s’étendre sur les anciennes terres agricoles et à englober les villages avoisinants. Ceux-ci ne disparaissent pas pour autant et participent de l’organisation spatiale mêlant urbain et rural qu’a théorisée Terry G. McGee avec la notion de desakota. Ce phénomène se rencontre aussi bien en Chine, notamment à Canton, qu’au Japon, en Indonésie ou au Vietnam. Les structures villageoises désormais situées dans la ville sont une forme de persistance tant des modes de vie que des formes bâties.

La situation de Hanoi – capitale du Vietnam – au cœur du delta du fleuve Rouge, un territoire fertile et densément bâti, est à l’origine d’une relation étroite mais ambiguë entre villages et ville.

Les projets de ville conçus pour Hanoi reflètent les idées et les idéologies du rapport entre ville et villages qui, nous allons le voir, est un enjeu majeur pour le développement urbain de la capitale. La représentation graphique de ces projets illustre les partis pris des urbanistes quant au traitement des villages : reconnaissance éventuelle, intégration à la ville projetée, tabula rasa.

(…)

Cet article tente d’éclairer la situation des villages dans l’urbanisation de Hanoi et de pointer les questions que soulève la rapide croissance de la ville. »

 

L'ouvrage est édité aux Editions Mardaga et peut-être commandé en ligne ici.

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