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Pôles d’échanges multimodaux (Long Bien et Cau Giay)

Principes de base du pôle d’échange

Les pôles d’échanges permettent aux usagers des transports d’accéder sur un même lieu à plusieurs modes de déplacements (vélo, transports collectifs, voiture et train) et de passer de l’un à l’autre dans les meilleures conditions.

Pour favoriser la réussite de ce type d’équipement, il est essentiel d’organiser la mobilité et de concevoir les lieux de manière fonctionnelle,  pour répondre aux attentes et aux exigences des usagers dans la gestion de leur temps et de leur mobilité. Ainsi, il est important d’observer : 

  • Une localisation géographique pertinente (en amont des zones de forte congestion en heure de pointe pour les interfaces périphériques urbaines) et un raccordement au réseau routier de qualité;
  • Des liaisons de rabattement qui permettent l’accès au pôle pour tous les modes de transports et évitent les points de conflits entre ces modes;
  • Des aménagements internes qui constituent des points de repère pour les usagers, ainsi qu’une distribution ordonnée des services transports, voyageurs et annexes ; les éléments concernant la sécurité ne sont pas à négliger.

Au-delà d’un équipement fonctionnel favorisant l’amélioration des conditions de circulation, le pôle d’échange est une opération urbanistique impliquant une réflexion sur les usages du lieu, mais également sur son insertion dans le paysage urbain. A Hanoi, l’IMV a travaillé sur la création du pôle d’échange en prenant également en compte les éléments suivants :

  • l’existence de réseau de transport à proximité (ligne de chemin de fer) et la prise en considération des futurs tracés d’infrastructures de transport de type UMRT ;
  • l’amélioration de la rotation des bus (les arrêts rapides hors des voies de circulation principales permettent d’accroitre la fluidité du trafic et de réduire la congestion sur la chaussée) ;
  • l’amélioration de l’image de marque des transports en commun (des infrastructures modernes valorisent le réseau) ;
  • l’amélioration du confort des usagers durant les phases d’attentes (équipement d’abris bus séparés de la chaussée principale) ;
  • l’amélioration et la sécurisation de l’accessibilité aux transports en commun et aux lieux d’activités (connexion à une université, au cœur de la ville historique) ;
  • le traitement de la signalétique et de la communication à destination des usagers ;
  • la création d’un espace public.

Dans le contexte hanoien, les pôles d’échange ne sont pas encore des sites où l’équipement de parcs relais pour les voitures se pose comme une priorité, notamment par manque d’emprises foncières sur le territoire de la capitale.

C’est pourquoi, des parcs relais motos et bicyclettes ont été envisagés ainsi que des modalités de rabattement par taxi et xe om (moto taxi). Ces modes de transports privés ne sont pas considérés dans les référentiels occidentaux comme des transports collectifs, mais à Hanoi où les transports collectifs ne sont pas quantitativement suffisants, ces derniers sont complémentaires.

 

Le pôle d’échange de Cau Giay

A Hanoi avant 2005, il n’existait pas de stations de correspondances de bus alors que certains arrêts étaient desservis par plus d’une douzaine de lignes. 

Le projet de Câu Giây a été conçu comme un projet pilote de pôle d’échange, sur un site d’entrée de ville qui est desservie par 15 lignes de bus. Aux heures de pointe, près de 200 bus par heure passent par Câu Giây. Avant la construction, les montées et descentes des piétons se faisaient dans le plus grand désordre. L’objectif du projet était de capitaliser la capacité d’accueil du site en augmentant le nombre de lignes, le nombre de bus, et le nombre de passagers transitant chaque jour par ce site.

Le fonctionnement et la forme du pôle d’échange de bus ont été étudiés par des simulations informatiques. Suite à ces modélisations, une plate-forme centrale a été construite ainsi que de vastes abris-bus, des guichets de vente de tickets, un parking pour motos et vélos et des toilettes publics.

Le pôle d’échange de Câu Giây reste une référence pour Hanoi et dans la politique qui est conduite en matière de modernisation des transports publics, il est placé sur le tracé de la ligne de métro n°3 en cours de réalisation et a vocation à devenir un pôle multimodal.

Cet équipement a été inauguré par M. Jean-Félix Bernard, conseiller régional, président de la commission des relations internationales, M. Jean-François Blarel, ambassadeur de France au Vietnam et M. Pham Quoc Truong, directeur du service des transports et travaux publics de la Ville de Hanoi.

 

Le pôle d’échange de Long Bien

Ce site est considéré comme le plus important pour les services de transports publics de Hanoi (19 lignes de bus et une gare ferroviaire interrégionale). Installé au centre de la route digue (Yên Phu / Duong Trân Nhât Duât) pour faciliter les correspondances, le pôle d’échange peut accueillir près de 300 bus/h en période de pointe et plus de 2 500 passagers par jour.

La construction de deux plateformes d’attente pour les usagers, quatre zones d‘arrêts et la création de lignes de bus dédiées facilite la redistribution des flux de passagers dans les quartiers centraux et historiques de la capitale et vers les zones suburbaines.
Cependant, les dispositifs d’accessibilité des plateformes ont été corrigés, pour éviter que les rampes d’accès ne soient empruntées par les motos, dont la présence est gênante sur le site. En complément, ce site propose d’autres équipements : guichets pour l’achat des tickets et abonnements, toilettes, taxi et parking relais (motos) à proximité. L’inter modalité s’illustre ici par la connexion rapide à la gare de Long Bien qui assure déjà des liaisons ferroviaires interrégionales.

Les conflits entre les différents usagers de la chaussée étaient prédominants dans ce secteur (piétons/vélo/motos/autos/bus/camions). En conférant au pôle d’échange le rôle de « sens giratoire », le nombre de conflits a largement diminué. À l’attention des piétons, ce projet était l’occasion de proposer un premier dispositif de franchissement sécurisé de la route digue Yên Phu, traversées protégées par des feux de circulation. La diminution des conflits et l’amélioration de la fluidité du trafic dans ce secteur ont permis en parallèle la réduction d’attente des véhicules aux feux et par là une contribution à la diminution de l’émission de gaz d’échappement.

Une architecture et des espaces publics de qualité : les abribus, comme le mobilier urbain (bancs publics, horloge…), bénéficient d’un design innovant en relation avec les éléments du paysage urbain hanoien dans lequel s’insère ce projet – le pont Long Biên, la proximité du fleuve Rouge. Pour ce qui est de l’espace public, l’aménagement de ce site sera complété par une valorisation des zones situées en contre bas de la rampe d’accès au pont Long Bien.

Au-delà du succès fonctionnel de cet aménagement et de l’amélioration du réseau de transport public, la réalisation du pôle d’échange s’est accompagnée d’une opération de valorisation de l’espace public de la capitale vietnamienne. Derrière cela se dessine une véritable réappropriation des lieux par les Hanoiens attirés par leur patrimoine vernaculaire et le renforcement des liens entre les habitants et l’un des symboles historiques de la ville, le pont Long Bien.

Le 10 mars 2009, le vice-président du Comité populaire de Hanoi, M. Nguyên Van Khôi, le vice-président du conseil régional d'Île de France - Chargé des Transports, M. Serge Méry), le premier conseiller de la Délégation de la Commission Européenne au Vietnam, M. Willy Vandenberghe et l’Ambassadeur de France au Vietnam, M. Hervé Bolot ont procédé à l’inauguration du pôle d’échange.

 

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