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Recommandation de lecture: Architectures du Vietnam colonial - repenser le métissage

Juin 2016

L’architecture a très peu été étudiée dans l’Indochine française, contrairement au Maroc, l’Algérie ou l’Égypte de l’époque coloniale. « Architectures du Vietnam colonial » comble amplement cette lacune. Mais ce livre est aussi un ouvrage décisif sur l’histoire politique et sociale des échanges culturels au sein de cette colonie française. Il en renouvelle en profondeur les perspectives tant par son approche méthodologique que par sa réflexion théorique sur le concept d’hybridation, sur le moment colonial. Il est appelé à faire date dans les études coloniales en France.

L’originalité de cet ouvrage provient de ce que Caroline Herbelin a fondé son étude sur une enquête de terrain vaste et approfondie. À commencer bien sûr par une consultation des archives, françaises comme vietnamiennes. L’auteur a ainsi pu reconstituer les discussions qui ont présidé à la création d’une section Architecture dans l’École des beaux-arts de l’Indochine créée par Victor Tardieu, concernant le choix des matériaux de construction, « indigènes » (bambou, bois, paillote, torchis) ou métropolitains en dur (fer, béton, tuiles, briques), etc. L’auteur a également suivi les cheminements des techniques entre la métropole et la colonie jusque dans leur perception et formulation, pour identifier les interactions des deux systèmes techniques mis en présence. Pour finir, elle a interrogé la mémoire des vivants, témoins contemporains des survivances et des suites de l’époque coloniale.

Ce matériau riche et divers que Caroline Herbelin rassemble en lui restituant toute sa vie, lui a, en retour, permis d’opérer un déplacement décisif dans la définition de son objet d’étude, l’architecture. Celle-ci n’est plus abordée du seul point des bâtiments effectivement construits, ou de leur portée esthétique, mais aussi comme un objet d’art au sens étymologique d’ars, c’est-à-dire comme ce qui est fabriqué par les hommes et s’inscrit dans un jeu de relations économiques, politiques et sociales et est doté d’une « vie sociale ». L’approche se doit dès lors d’être concrète, matérielle et pratique : il s’agit de comprendre comment la construction d’un bâtiment a résulté de négociations et de stratégies entre les différentes instances et relais des pouvoirs colonial et local, entre les populations « indigène » et française, mais aussi entre les différentes solutions techniques et esthétiques qui se sont offertes à ce moment-là.

 

Cet ouvrage peut être commandé sur le site de l'INHA.

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